La prise de pouvoir de Donald Trump marque une nouvelle étape importante : l’extrême droite contrôle la première puissance mondiale. Allié à Elon Musk et à une grande partie des entreprises de “la tech” et des milliardaires, le “à nouveau” président a décidé de taper très vite et très fort. Les étranger∙es, les femmes, les lgbtqi+… subissent une offensive ultra-violente à laquelle s’ajoute une politique d’accélération climaticide : casser les cadres de régulation, exploiter au maximum les énergies fossiles, sortir des accords internationaux. Pour assumer tout cela, le nouveau pouvoir endosse les habits d’un impérialisme étasunien décomplexé.
L’extrême droite est partout un danger pour nos droits et pour la nécessaire transition écologique. Aujourd’hui elle se structure dans une internationale puissante qui propose un modèle qui se veut rassurant, mais qui en réalité est violent, périmé et inhumain. Le projet de société de l’extrême droite est d’autant plus mortifère que se multiplient les événements climatiques extrêmes qui percutent nos sociétés. Il s’alimente des peurs et promet de maintenir en vie un monde ancien. En France, l’extrême droite est en embuscade pour prendre le pouvoir d’Etat.
Cultiver nos alliances pour combattre la sidération
Dans ce contexte, nous avons besoin plus que jamais d’avancer ensemble pour la justice sociale et environnementale. Nous portons avec l’Alliance écologique et sociale des propositions concrètes et l’idée d’une société qui permette de mieux vivre, de ralentir et limiter les impacts du réchauffement climatique, de protéger la population au travail, dans son quotidien, dans l’ensemble des territoires.
Alors que faire ? La situation générale pourrait mener à un sentiment d’abattement face à une force qui semble inéluctable. Une solution pour faire face à ce contexte c’est, à titre individuel, de ne pas rester isolé∙e : rejoindre des collectifs, se syndiquer, s’abonner à un média indépendant, militer dans des associations permettent de se rendre compte que nous pouvons faire bouger les choses. Au-delà, nous devons créer un travail en commun, des passerelles entre les différentes organisations. Quand les menaces sont si importantes, il faut stopper les divisions et appuyer sur ce qui nous unit et non sur ce qui divise.
Toutes et tous ensemble, nous sommes une force. Les mobilisations et les luttes écologiques et sociales sont primordiales : à travers elles nous pouvons gagner des améliorations concrètes, créer des solidarités et une sociabilité qui repousse pas à pas l’extrême droite et les attaques du libéralisme sur tous nos biens communs.
Sans attendre, construisons des victoires et des solidarités à même de démontrer que notre camp social peut améliorer la vie. Avec nos organisations, nos collectifs locaux et toutes celles et ceux qui voudront mener ces combats, nous prenons trois engagements.
Trois engagements de l’Alliance écologique et sociale
Imposer de nouvelles recettes pour un budget qui soit à la hauteur des enjeux sociaux et environnementaux, pour financer les services publics, les reconversions écologiques et la préservation de l’emploi. Nos propositions peuvent permettre de récupérer plusieurs dizaines de milliards, en rétablissant un impôt sur la fortune rénové, avec un volet vert (ajout d’un malus en fonction de l’empreinte carbone des actifs détenus), et en taxant les super-héritages, les super-profits des entreprises ou encore les rachats d’actions. Les niches fiscales climaticides doivent être supprimées. Des milliards d’euros d’aides publiques sont versés chaque année aux entreprises sans aucune condition, que ce soit sur l’emploi ou l’environnement. Nous devons imposer une conditionnalité écologique des aides publiques, et le remboursement de ces aides et des exonérations lors de fermetures d’usines. Il faut enfin nous opposer avec force aux attaques contre les agences comme l’Ademe, l’Office français de la biodiversité, l’Agence bio et contre toute forme d’austérité qui aggraverait les inégalités de toutes sortes et nuirait à l’environnement.
Améliorer nos services publics dès à présent. En 2025, l’Alliance écologique et sociale mènera deux campagnes pour défendre deux services publics emblématiques : le train et l’école. Développer le service public ferroviaire, pour le fret comme le transport de voyageurs et voyageuses, est un levier qui peut nous permettre à la fois de réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre, de soutenir l’emploi, et de faciliter les déplacements du quotidien. Les écoles, quant à elles, doivent être adaptées au dérèglement climatique, par une rénovation du bâti qui améliore les conditions d’études et de travail en période de grand froid comme de forte chaleur, et permette des économies d’énergies. Toutes et tous, nous pouvons construire des coalitions près de nos lieux de vie et de travail pour défendre nos services publics et les améliorer.
Lutter dans tous les territoires. Les services publics sont particulièrement délaissés dans les quartiers populaires et dans la ruralité. Depuis les législatives, des collectifs, des associations, des paysan∙nes, des habitant∙es s’efforcent de retisser des liens de solidarité dans des territoires ruraux que les militant∙es ont eu tendance à déserter ces dernières années. Nous nous joignons à ce mouvement, et nous tisserons des alliances à même de porter la lutte partout où elle est utile.

